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Maccus

  • Cote :

    OAP/235

  • Dates :

    2009

  • Format :

    Dimensions : 24x30x30 cm

    Genre/Carac. phys. : sculpture, bronze à la cire perdue

  • Biographie ou historique du producteur :

    Judith Espinas travaille à Pantin au sein de l'atelier W. http://cargocollective.com/atelier-w/JUDITH-ESPINAS

    "Se tenir debout face au monde est une condition de la sculpture, mais l'imaginaire évolue dans un espace informe, mouvant et inconnu.

    C'est au cœur de cette histoire que naissent mes sculptures, prises dans un double mouvement : la projection infinie des formes observées ou rêvées, et la réalité concrète de la matière, régie par les mêmes lois que mon propre corps.

    La matière s'amoncelle et s'entasse pour s'élever, mais dans ce mouvement même, finit par s'échouer sur sa base, se relève tout en glissant.

    Il s'agit alors de rendre leur tête, leur nez, leurs yeux à ces tas, les relevés au rang de figures en un geste brutal qui les désignent comme des formes de vie.

    L'espace d'exposition est alors le lieu où se joue cette réhabilitation. Le socle se pose comme une prothèse, soutient la forme dans son effondrement ou l'érige à bras tendus, restitue les fragments manquants pour lui redonner corps. Plus qu'un recouvrement, mes sculptures ont des coques, des carapaces. Chaque forme est un enchaînement de gestes, mais pour survivre ou mieux mourir, doit à un moment donné fixer son attitude, doit se poser là, habiter cet espace." Judith Espinas

    "Un premier se pose, se tasse, se meut sur le sol.

    Un second s'appuyant sur le premier se redresse un peu.

    Le suivant, fort de ces deux soutiens prend forme, les prochains se dressent.

    Perché sur la masse, le dernier fait figure de proue.

    Porté par l'enchaînement des bras tendus, il prend la forme d'un périscope.

    Seul à bénéficier de la vue, c'est alors à lui que revient la parole.

    Son minuscule bras s'élance, se déploie en télescope. Ses mots sont confus.

    Ses phrases surgissent en saccades. Des bribes s'envolent, d'autres s'engouffrent.

    Sous ses pieds, les membres se ramollissent. Il titube, essaye de tenir l'équilibre.

    Son bras fait la balance, cherche à dompter la gravité.

    Mais c'est en se laissant guider par les aléas des remous que le gouvernail

    reprend confiance. Tirant parti de chacune des impulsions, il devient plus léger,

    il se met à flotter.

    Le tas peut alors reprendre son souffle par alternance,

    respirations et retenues s'accordent pour maintenir la forme.

    Maladresse et agilité s'articulent dans un même corps.

    Les mouvements se rassemblent, tous se lient en une seule chorégraphie.

    Entraîné par la métamorphose générale, le porte parole s'agite avec une grâce étrange, abandonnant petit à petit les mots pour les gestes.

    Il découvre son langage tout en le formulant.

    Débarrassé de son discours, il peut maintenant s'adresser.

    À bout de bras, le murmure général porte à son tour la voix." Judith Espinas

    L'OEUVRE

    «Maccus» porte encore la mémoire de sa légende, celle d'une chute. Il fut jeté de l'enfer par le diable pour l'avoir poussé à bout. Son corps a subi des déformations mimant les gestes même de cette chute. Empoigné par le dos, il est désormais bossu ; son ventre et son nez alourdis par la gravité, il est ventru au nez crochu. Le bronze est ainsi venu fixer ces métamorphoses burlesques nées d'une légende populaire en mimant les codes institutionnels de monstrations. Le diablotin qui vint à bout du diable en personne nous nargue du haut de son socle, plus pérenne que nous ne le serons jamais. A travers l'histoire de ce personnage la sculpture rejoint l'imaginaire, entre élévation et chute, entre matière et tas retombant dans l'informe.

  • Modalités d'entrée :

    Achat en atelier en 2013.

  • Autres données descriptives :

    Coulé à la fonderie Coubertin en mars 2009.

  • Mots-clés