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Ma Grena' et moi #97

  • Cote :

    OAP/264

  • Dates :

    2004

  • Format :

    Dimensions : 70 x 70 cm

    Genre/Carac. phys. : tirage photographique couleur

  • Biographie ou historique du producteur :

    "Ma grena' et moi" est un documentaire et une série de photographies réalisés par Gilles Elie-Dit-Cosaque, portraits de Guadeloupéens qui utilisent la Chaudron, mythique mobylette de Motobécane (appelée grena dans l'île à cause de sa couleur).

    Née au début des années 50 et importée aux Antilles dans les années 60, la grena' arrive à un moment charnière : le passage d'une période de restriction à une période pré-industrielle. Ça roule, c'est robuste, fiable, simple d'utilisation et surtout, ça brille! Les Antillais se ruent dessus. Et tout particulièrement ceux de Grande-Terre en Guadeloupe où la grena' s'adapte extrêmement bien au contexte géographique et économique : peu de relief, un tissu d'usines et d'exploitations agricoles.

    Défiant les lois de l'équilibre, on charrie tout ce qui peut tenir entre la fourche et le porte- bagages. Un sac de ciment, deux bouteilles de gaz, trois balles de fourrage, un veau, un ami, une amie, une épouse, trois enfants... Un inventaire à la Prévert, monté sur deux roues. Un poème mécanique au cadre monocoque, au moteur qui pétarade, hoquette parfois, mais jamais ne s'arrête.

    La grena' est un trait d'union tout en courbe, la transition entre le bourricot et la voiture. Mieux qu'un bourricot, un étalon, celui de la condition de son propriétaire.

    On se pavane en grena'. Honte à ceux qui n'ont qu'une bleue ou pire marchent à pieds. Les plus téméraires se défient dans des courses sauvages que l'on appelle courses marrons. Célébrations interdites où les feux d'artifice sont les étincelles produites dans les tournants par les pédales qui raclent le bitume.

    La grena' à un nom. Parfois même deux, dont l'un reste secret. Ainsi, les Brigitte, Justine, Adèle, le plus souvent Bonne Maman, voire Patrick en souvenir d'un vieux pote, se multiplient, changent de mains. D'ami en ami, d'oncle en neveu, de père en fils.

    Aujourd'hui, sacrifiée sur l'autel des normes européennes, la grena' n'est plus ; plongeant tout un peuple de migrants-à-deux-roues dans le désespoir. Cependant, les derniers irréductibles, des seniors et quelques jeunes qui l'ont reçue en héritage, continuent à la chevaucher fièrement pour un dernier voyage. Celui qui mène la grena' au musée d'un imaginaire créole.

    Ma grena' et moi / Les photos

    Les portraits originaux sont réalisés au format 6X6. Le dispositif est toujours le même. Une valeur de cadre similaire et la mobylette toujours placée de profil. Ce dispositif uniforme vient en rappel de l'uniformité de l'objet, archétype de la production à la chaîne. La mobylette est un fil directeur. Le premier but de ce travail est bien sûr de faire un portrait de la Guadeloupe à travers ses habitants.

    Ce qui est intéressant c'est de voir à travers son état général ou même d'éventuelles modifications comment chacun se l'est approprié et l'a chargé de son histoire. Les personnes photographiées n'ont absolument pas été dirigées. La seule indication qui leur a été donnée était la position de la mobylette. C'est tout naturellement qu'ils ont trouvé leur propre position par rapport à elle.

    Un peu plus d'une centaine de photos a été prise, principalement sur la Grande-Terre.

    Gilles Elie-Dit-Cosaque

    C'est à Pantin qu'a été inventée la Motobécane en 1924. La toute première usine y était installée avant d'être transférée à Saint-Quentin dans l'Aisne.

  • Modalités d'entrée :

    Achat dans le cadre de l'exposition "Ma grena et moi" présentée à Pantin lors du mois de la photo 2017.

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