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Latine

  • Cote :

    OAP/208

  • Dates :

    2005

  • Format :

    Dimensions : 215x195 cm

    Genre/Carac. phys. : huile sur toile

  • Biographie ou historique du producteur :

    Iris Levasseur

    1972, Paris.

    Vit à Paris.

    Occupe un atelier d'artiste à Pantin depuis 1998.

    Née en 1972, Iris Levasseur est diplômée de l'école Nationale des Beaux-Arts de Paris depuis 1999 et de l'école Nationale des Arts décoratifs depuis 1998.

    Peintre, enseignante en école d'art, elle est représentée en France par la galerie Odile Ouizeman (Paris) et Dukan and Hourdequin (Marseille), en Russie par la galerie Katia Iragui (Moscou) et en Allemagne par la galerie French made (Munich).

    En 2007, elle participe à l'exposition «Peinture(s) génération 70» à la Fondation Salomon où le commissaire, Philippe Piguet, choisit de montrer 9 artistes tous nés dans les années 70 et ayant adopté la figuration comme expression picturale. Son travail participe largement au renouveau de la peinture figurative.

    En 2009, une exposition personnelle lui est consacrée au Centre d'art le Ruteubeuf de Clichy la Garenne.

    LA DEMARCHE

    « [Sa] peinture se présente avant tout comme une progression interrogative le long d'une succession de motifs et de symboles [ ... ]. Dans chacune des toiles, l'huile est traitée en transparence. Celle-ci est la condition première du passage d'un sens à un autre. [ ... ] La peinture d'Iris Levasseur se lit ainsi comme 'un livre des passages', où la succession n'est pas chronologique mais se déroule dans la simultanéité d'un temps mythique »*.

    A la recherche d'une image qui se placerait à mi-chemin entre le réel et l'imaginaire, la peinture d'Iris Levasseur trouve ses sources à la fois dans des motifs issus de la réalité et d'autres référencés à l'histoire de l'art.

    Née en 1972, elle grandit au cœur d'une histoire mêlant entre autres la controverse autour du statut de la peinture en France (BMPT, Support surfaces, la figuration libre ... )**, la «bad peinture» américaine, le néo expressionnisme allemand, et appartient désormais à une génération qui revendique la liberté de combiner les sujets, d'enchaîner des objets figuratifs à des motifs symboliques, de passer d'un niveau de sens à un autre, prenant acte de la caducité du clivage entre abstraction et figuration.

    L'artiste explique ne pas partir d'idées préconçues mais favoriser la transition d'une image à une autre dans le temps même où la peinture se fait. L'association de l'huile ultra liquide -quasi transparente par endroit- et de la touche voulue très fine, entraîne la peinture, en se déposant, à se «conduire» elle-même à la surface de la toile, formant parfois des coulures entre les motifs.

    Ce travail sur le principe des fluides ou des réseaux d'irrigation tel qu'on peut les trouver dans le corps par exemple, rappelle le jeu des cadavres exquis cher aux surréalistes. Au titre de ses références, l'artiste cite volontiers les autoportraits d'Antonin Artaud transpercés de flèches et les rythmes syncopés des sujets politiques de Léon Golub.

    En 2007, l'exposition «Peinture(s) Génération 70»*** présentait à la Fondation Salomon plusieurs artistes -dont Iris Levasseur- ayant fait le choix du médium peinture et accordant une place de premier plan au sujet et à la figure. Pour autant, il ne s'agit pas d'une peinture du réel, «davantage l'image du réel» comme l'écrit le commissaire de l'exposition Philippe Piguet.

    Loin de faire groupe ou mouvement, ces artistes ont néanmoins en commun de resituer la peinture comme langage essentiel du monde actuel, d'avoir pris acte de son histoire et de proposer une analyse différente de ses possibilités à l'aune notamment des nouvelles images photographie, cinéma, télévision, internet- et de l'emprise des médias sur l'actualité du monde.

    Combinant aux genres historiques des «Beaux-arts» (paysage, portrait... ) des univers oniriques issus indifféremment de contes ou de jeux vidéo, accusant le bouleversement des catégories des années 60 entre «high culture» et «low culture», pour cette nouvelle génération de peintres, la question de la représentation qui est donnée du monde est primordiale, et il ne s'agit pas «seulement» de peindre, mais à l'heure de la toute puissance de l'image et donc de son mensonge, de se demander ce que peut la peinture aujourd'hui.

    L'ŒUVRE

    L'œuvre qui appartient au fonds d'art de la ville de Pantin Latine est réalisée en 2005. De grand format (215x195), elle présente des parentés avec Platine (2003).

    D'abord des jeux entre l'endroit et l'envers et cette absence de pesanteur qui donne l'impression que les différents motifs «flottent» dans l'espace du tableau. Ensuite, la place accordée au blanc est telle qu'elle semble presque égale à la surface recouverte de couleurs.

    Un autre tableau plus récent Alice (2007) nous confirme l'importance du corps comme axe cardinal de l'image, mais aussi, outre une référence affichée aux contes pour enfants, un intérêt de l'artiste pour le travail de la mémoire, des couches successives que l'on stocke et du rêve.

    Latine fonctionne comme le déroulé d'un rêve. Les motifs sont toujours issus de la réalité: les corps sont peints d'après des modèles photographiés et dans le même temps, l'iconographie repose sur un enchaînement d'images sans logique narrative. Différents niveaux de sens se croisent faisant appel à la fois au réel et au symbolique.

    Monde humain et animal sont présents dans ce tableau. Le nu féminin évoque un des sujets principaux de l'histoire de l'art et dans le même temps, la fourrure nous oriente à la fois vers un sujet d'actualité sur l'origine de celle-ci mais peut aussi symboliser la luxure, thème encore renforcé par le collier de perle issu d'une forme abstraite et la délicatesse des deux oiseaux.

    Dans «l'autre» partie du tableau, formes abstraites géométriques tendant parfois vers des éléments architecturaux, châssis et quadrillage, motifs plus organiques à demi évanouis, aplats de couleurs, lignes et rayures, superpositions et jonctions, opacités et transparences mixent figuration et abstraction. De ce réseau émane entre autre la figure d'un petit personnage ailé, peut-être référence à la peinture des primitifs.

    Techniquement, Iris Levasseur dit souhaiter qu'il y ait «un minimum de peinture» visible, soit des couches d'huile ultra liquides, déposées doucement sur une toile à même le sol pour éviter ainsi les coulures mais favoriser une «conduite» de la peinture sur la surface la plus fluide possible.

    La technique sert donc un propos qui se veut sans à priori au commencement de la peinture mais plutôt proche du jeu des cadavres exquis par exemple ou de la façon dont la narration d'un rêve se construit.

    * Anne Malherbe

    ** Voir à ce sujet la fiche consacrée à Olivier de Bouchony

    *** Peinture(s) Génération 70, Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, 11 juillet-4 novembre 2007. Commissaire: Philippe Piguet.

  • Modalités d'entrée :

    Achat en 2008.

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