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Comme un enfant je marche au hasard du miroir

  • Cote :

    OAP/170

  • Dates :

    octobre-novembre 1999

  • Format :

    Dimensions : 60x70 cm

    Genre/Carac. phys. : photographie couleur

  • Biographie ou historique du producteur :

    LA BIO

    Né au Maroc, Denis Boutillot-Cauquil a beaucoup pérégriné à travers la France. Après avoir habité à Pantin, il vit et travaille aujourd'hui à Vallauris dans les Alpes-Maritimes.

    LA DÉMARCHE

    Denis Boutillot-Cauquil traverse le monde à la recherche de clichés qui imagent son ressenti intime. Il approche la photo à l'adolescence grâce à la Formule 1, qui lui offre l'opportunité de se balader dans les coulisses lors des compétitions. Inspiré par les grands photographes présents, Boutillot-Cauquil commence à saisir l'instant photographique lors des courses à pleine vitesse.

    Son ambition est de rendre visible la banalité des choses, cachée dans tout paysage, bâtiment, situation. Cet intérêt pour les choses anodines lui vient sûrement de son enfance. L'observation des lieux qui l'entourent, même ceux qui paraissent plus insignifiants, vient de tous ces déplacements et de l'attention qu'il portait chaque fois à son nouvel environnement. Très attaché à la poésie, notamment celle du poète et romancier québécois Claude Beausoleil, dont il mettra en images plusieurs recueils, Boutillot-Cauquil revendique un regard poétique urbain.

    L'ŒUVRE

    « Devant la limite grillagée d'un terrain de jeu de rue, un jeune garçon se retrouve perché en haut d'un panier de basket-ball. Rien ne laisse entendre comment ni pourquoi il est arrivé là, la photo ne livrant ni les moyens ni la raison de son escalade. L'enfant se retrouve au centre de l'image comme en lévitation le cadrage escamote le sol à dessein. Assis sur l'arceau, les deux jambes passées dans le filet, sa posture stable, bien qu'acrobatique ne semble pas le mettre en danger. Ce qui surprend, c'est son attitude : il est en arrêt, la main gauche figée en un geste de surprise, la tête tournée vers sa droite, à quelques centimètres à peine du panneau qu'il fouille intensément du regard. La surface sombre lui renvoie son image qu'il contemple, tout ensemble fasciné et étonné de la trouver à cet endroit. La symétrie du reflet projeté, provoque une composition dynamique, un va et vient qui focalise la vision au détriment du reste de l'image, d'ailleurs anecdotique.

    À lire le titre de l'œuvre Comme un enfant je marche au hasard du miroir , et comme le sujet photographié est jeune, le dispositif peut évoquer le stade du miroir chez Lacan, cette étape dans le développement psychologique où l'enfant, apercevant son image dans une surface réfléchissante, prend conscience de son corps et apprend à le distinguer des autres. Le glissement fait sens dans ce travail où le miroir ne sert pas seulement à renvoyer une image mais à en construire une.

    Dans cette photographie, les jeux de regards portés dans et sur l'image provoquent une mise en abîme : le regard de l'enfant admirant son reflet vient redoubler à l'intérieur de l'image celui porté par le photographe vers son sujet, et celui du spectateur vers l'œuvre. Denis Boutillot nous livre une photographie qui questionne les enjeux de l'image : ce reflet, image fortuite dans une image construite, dit l'éphémère de la représentation et le hasard inhérent à sa capture. Image transitoire par définition, le reflet signifie toute l'imprévisibilité de l'évènement photographique ».

    (source : En amour, Marion Delage de Luget éditions pôle Mémoire et patrimoine ; à paraître)

    POUR ALLER PLUS LOIN

    www.photodenow.com

     

  • Modalités d'entrée :

    Commande du pôle Mémoire et patrimoine pour l'exposition « Vu, lu et entendu d'ici » à Pantin, en 2000.

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