/img/picture-not-found.svg
Accéder au visualiseur des médias : 1 média

Sans titre

  • Cote :

    OAP/160

  • Dates :

    2002

  • Format :

    Dimensions : 100x100 cm

    Genre/Carac. phys. : peinture acrylique sur papier

  • Biographie ou historique du producteur :

    Olivier de Bouchony

    1948, Toulouse.

    Vit et travaille à Pantin.

    En 1972, Olivier de Bouchony est diplômé de l'Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Jusqu'en 1979, il est assistant d'artistes, en France mais aussi aux Etats-Unis. Il commence un travail de peinture et de photographie au début des années 80, années durant lesquelles il collabore avec le poète américain Kenneth Koch.

    Titulaire en 1983 de la Villa Médicis Hors les Murs, il part à New York en résidence au PS1 et expérimente notamment divers procédés picturaux utilisant le recouvrement, la trace, l'aléatoire and auxquels il ajoute celui du craquelage à partir de 2001.

    Son travail s'inscrit dans l'histoire de la peinture française et témoigne de préoccupations proches de celles de mouvements comme BMPT puis Supports-Surfaces.

    En 2009, il fait partie de l'exposition Dans l'œil du critique Bernard Lamarche-Vadel et les artistes au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

    LA DEMARCHE

    Largement influencée par le groupe Supports-Surfaces actif de 1969 à 1972, la peinture d'Olivier de Bouchony s'inscrit au départ dans l'histoire de la déconstruction du tableau et du refus de la fonction narrative de la peinture.

    Les principaux protagonistes du mouvement Supports-Surfaces vont exprimer leur vision de la peinture en ces termes dès juin 1969 lors de l'exposition La peinture en question du musée du Havre: «L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un «ailleurs» (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes».

    Quelques années auparavant, au Salon de la jeune peinture, quatre jeunes artistes, Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, qui s'étaient constitués en groupe (BMPT), allaient pour la première fois mettre en évidence que l'œuvre d'art ne signifiait plus rien que sa propre présence.

    Il s'agissait bien alors, au cœur des années 70, non seulement de réévaluer la place de l'art et de l'artiste dans la société mais aussi de réfléchir au tableau en tant que matérialisation d'un processus de création et non plus seulement objet esthétique.

    Les œuvres qui découlaient de cette vision de la peinture étaient voulues comme des objets en soi et non plus seulement support d'une image illusionniste.

    Outre des réinterprétations multiples autour du châssis et de la toile, soit le support et la surface (mais aussi, la face et le revers, le dessus et le dessous, le haut, le bas et les côtés and ), les œuvres étaient le résultat de la décomposition de l'ensemble des opérations nécessaires à la formation de l'image: apprêt, composition, traits, couleurs, remplissage, touches, couches, traces, empreintes... qui amenèrent Olivier de Bouchony vers une réflexion sur les principes mêmes de l'acte matériel de peindre: la transparence, l'opacité, la superposition, l'apparition, l'effacement...

    Si cette partie de l'histoire de la peinture en France doit être mentionnée comme influence fondamentale pour Bouchony, il convient d'ajouter à cela sa fascination pour la photographie et plus précisément le principe de révélation de l'image.

    Le choix du plexiglas comme support de certaines œuvres lui permet de se rapprocher du cliché photographique, du travail autour de la transparence et de l'opacité, d'évoquer la «magie» du surgissement de l'image mais aussi son recouvrement.

    L'ŒUVRE

    En 2001, il commence un travail de craquelage de la surface de la peinture auquel il joindra plus tard des figures humaines ou abstraites.

    Dans l'œuvre OAP 160, une première couche est appliquée sur le support puis un mélange de colle et de peinture est posé en deux applications croiséeshorizontales et verticales.

    C'est cette matière qui va faire craqueler la peinture assez rapidement, sans que le peintre ne soit vraiment maître de l'opération de «destruction» de la surface qui est en cours sous ses yeux.

    Bouchony joue sur les caractéristiques du support qu'il choisit: la vue en transparence permise par le plexiglas (OAP 160) ou l'utilisation du blanc du papier (OAP 164), combinant un effet d'abstraction géométrique par l'intermédiaire du motif de la grille (OAP 160) ou l'évocation de visages et figures humaines (OAP 164), il s'agit de travailler à chaque fois sur «la révélation» de la forme.

    Par ailleurs, la craquelure est d'ordinaire un symptôme bien connu des restaurateurs et des conservateurs de musée, de l'usure d'une peinture et de son vieillissement, il s'agit ici de «renverser» le processus de fabrication d'une image en faisant de la craquelure son sujet.

    Non sans humour, la craquelure remet au premier plan l'aspect matériel du tableau et évoque, dans le même temps, le passage du temps et ce qu'il contient d'irréversible.

  • Modalités d'entrée :

    Achat en atelier en 2004.

  • Documents en relation :

    OAP164

  • Mots-clés