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Soka-Tira I

  • Cote :

    OAP/108

  • Dates :

    1996

  • Format :

    Dimensions : 56x76 cm

    Genre/Carac. phys. : huile sur papier

  • Biographie ou historique du producteur :

    Peter S. JEFFS, alias Jacob Pieter NOORDMAN

    1963, Glasgow

    Vit et travaille à Paris

    Doctorant de l'université de Cambridge dans les sciences de la vie et chercheur post-doctoral au CNRS de Nogent-sur-Marne, Peter Jeffs peint depuis l'âge de cinq ans.

    Hésitant entre les Beaux-arts et la biologie, il opte en 1994 pour la peinture en autodidacte et poursuit la recherche en biologie dans les laboratoires.

    Ses thèmes de prédilection en peinture concernent essentiellement les histoires bibliques et le motif de la foule.

    Ajoutant à ses activités celle de directeur artistique, il est notamment le co-auteur de l'identité visuelle de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, de la revue VU-MAG de l'agence VU et enseigne le design graphique entre autres à l'école Estienne à Paris.

    Voir d'autres œuvres sur : http://www.north.eu.com

    Voir son travail graphiquesur : http://www.returnofthecheesemonkey.com/

    Autres projets concernant l'art et la science : http://www.south.eu.com

    LA DEMARCHE

    L'ensemble des œuvres de Peter Jeffs réalisées entre 1986 et 1996 se divisent en deux familles. Les tableaux dits « verticaux » sont consacrés au « Songe de Jacob », alors que les « horizontaux » concernent le jeu de la Soka Tira. Ils ont en commun de représenter chacun une foule ou un groupe de personnages mais tandis que pour les premiers l'échelle est le motif récurrent, les seconds représentent tous la corde utilisée pour le jeu.

    Peindre un personnage pour Peter Jeffs ce n'est pas représenter un individu mais faire de lui un élément fondateur du groupe. Le groupe vu comme une métaphore de la force, « la force des hommes qui veulent s'élever vers le haut »* dans le cas de la série du « Songe de Jacob » ou de l'énergie unique soudée à la terre pour Soka tira.

    La simplicité de ce jeu, devenu un sport et aujourd'hui une discipline olympique, fait qu'il est un des sports les plus anciens et diffusés à travers le monde.

    Il appartient à ce que l'on appelle « la force basque » qui a pour origine le défi que se lançaient les agriculteurs, les bûcherons, les bâtisseurs and et qui comprend en plus du Soka tira neuf autres disciplines : le lever de pierre (harri jasotzea), le lever de charrette (orga joko), le lever d'enclume (ingudea), le lever de paille (lasto altxatzea), la course des épis de maïs (buskail biltzea), la course de bidons de lait (txinga erematea), la course de sac (zakulariak), le bûcheron (aizkora), la coupe de bois à la scie (arpana) et le scieur de bois (arpana).

    La plupart des œuvres qui suivront chez Peter Jeffs sont des variations autour de la force ou de l'énergie humaine que permet le groupe, traitées également en dessin, au crayon ou au pastel.

    Certaines peintures citent l'histoire de l'art comme l'évocation du Bœuf écorché de Rembrandt ou la présence de géants de papiers issus du carnaval, dont la touche et le traitement coloré nous renvoient à un peintre comme James Ensor. **

    L'ŒUVRE

    La peinture de Peter Jeffs est une peinture assez énigmatique, d'abord de par l'emploi de la forme du triptyque. Non que cette dernière soit rare dans l'histoire de l'art elle est au contraire à l'origine d'une très grande partie de l'histoire de la peinture notamment religieuse - mais plutôt par le fait que le peintre choisisse de l'utiliser pour découper une seule et même scène et non pas pour que les deux panneaux latéraux ajoutent des images supplémentaires comme c'est plus souvent le cas.

    Peter Jeffs choisi de diviser l'espace et le temps en trois moments. En choisissant cette forme, il indique par là même clairement au spectateur comment il posera son regard sur l'ensemble, présenté ainsi comme une narration, peut-être une « ligne », d'ailleurs non dénuée d'espièglerie.

    Allier ainsi la forme du triptyque à une conception du temps de la scène finalement assez cinématographique est relativement inédit en peinture. C'est conjuguer un fondement historique du tableau au plus récent des Arts caractérisé avant tout par le mouvement.

    Cette expérience de lecture « cinématographique » se double du mouvement induit par la scène elle-même. À l'étonnement suscité par le choix de la forme suit l'énigme du sujet dès lors que quelques racines identitaires basques nous font défaut... !

    En effet, le thème représenté dans cette œuvre, comme son titre l'indique, est le Soka tira. Un jeu de tir à la corde typique du Pays basque qui confronte deux équipes. Une épreuve de force qui consiste à attirer l'équipe adverse vers soi jusqu'à la marque fatidique tracée au sol, à deux mètres cinquante de la ligne de départ.

    En regardant cette œuvre en trois parties distinctes et qui racontent au sens vraiment narratif du terme une partie de tir à la corde, on s'interroge sur le traitement de ce sujet qui est bien loin d'un traitement classique de scène régionaliste typique.

    Le travail de peinture assez matiériste met en scène de savants jeux de clair-obscur qui donnent toute sa vivacité à la scène. Les masses claires et colorées des corps des sportifs se détachent du fond très sombre, les touches de peinture qui composent les visages des spectateurs nient leur identité tout autant qu'elles semblent faire émerger des expressions particulières, les masses des silhouettes sont évoquées par les marques mêmes des passages des coups de brosses.

    On est enfin surpris que, par l'emploi du triptyque, l'objet central du jeu, soit la corde, devienne finalement le troisième élément à part entière de la scène en plus des deux équipes. La partie centrale lui est consacrée, laquelle partie se réduit à quelques vivaces ébauches de spectateurs, au vide incarné par l'épais fond noir rougeoyant, et une main, ainsi isolée de son prolongement naturel.

    Changer de nom

    Aujourd'hui Peter Jeffs a renoncé à la peinture mais pas à l'art. Il est passé au dessin, technique qui lui a permis de trouver une voie qui lui est propre. Depuis le début des années 2000, il développe un nouveau travail, qu'il fait connaître sous un nouveau nom : Jacob Pieter Noordman.

    C'est en 1997 que naît sa fille, qu'il perd son atelier à Pantin, qu'il rapporte tout son matériel chez lui, qu'il refuse de peindre à l'huile à cause de sa fille. C'est à cette période que s'opère la transition qui le conduit à abandonner la peinture et les couleurs napolitaines, cette palette de rouge et d'ocre sombre qui était la sienne jusqu'ici, pour un travail sur papier, un travail de dessins dans lesquels le blanc joue un rôle majeur.

    * Z.Benbadis, in catalogue Peter S. Jeffs

    ** toutes les œuvres de Peter Jeffs sont visibles sur : http://www.north.eu.co

  • Modalités d'entrée :

    Achat en atelier en 199?.

  • Autres données descriptives :

    Première partie du tryptique (cf. OAP 109 et 110).

  • Documents en relation :

    OAP109 - OAP110

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