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Saint Jean à Patmos

  • Cote :

    OAP/38

  • Dates :

    [1680]

  • Format :

    Dimensions : 99x87,5 cm

    Genre/Carac. phys. : huile sur toile, cadre en chêne polychrome de la 1ère moitié du XVIIIe siècle

  • Biographie ou historique du producteur :

    Assis sur quelques pierres, un homme porte toute son attention vers le ciel. Ce qu'il voit est hors du champ de l'image, mais les différents attributs qui l'entourent nous aiguillent. L'aigle posé juste à côté de lui nous permet par exemple d'identifier Saint Jean, apôtre et évangéliste. Une identification confirmée par la présence, entre les pattes de l'aigle, d'un livre.

    Dans cette scène, Jean, la plume à la main, est en train d'écrire un épisode très précis du Nouveau Testament, qui n'est pas son évangile: il s'agit de l'Apocalypse. Plusieurs indices nous permettent de l'affirmer. D'une part, Jean est représenté barbu, ce qui implique qu'il soit plus âgé que dans certaines descriptions, notamment liées à la Passion, où on le sait très jeune et imberbe. D'autre part, le décoroù se tient cet épisode est très rocailleux, et l'horizon se détache sur un paysage de montagne. Il s'agit d'une manière très classique de dépeindre l'île de Patmos, correspondant parfaitement à la géographie de cette île grecque du Dodécanèse. Or, le texte de l'Apocalypse lui-même indique que c'est à Patmos qu'eût lieu la révélation. Jean y avait été exilé sur ordre de l'empereur Domitien, l'île étant utilisée par les Romains comme lieu de déportation.

    Ainsi, le tableau nous présente l'évangéliste précisément lorsqu'il reçoit la fameuse vision qui clôture le Nouveau Testament. Son attitude nous le montre: pleinement attentif à ce qui vient à lui depuis les hauteurs divines, il est comme saisi, transporté par ce qu'il voit. Pour autant, malgré les puissances qui se manifestent à lui, il reste empreint d'un grand calme et même d'une certaine majesté. Le peintre nous montre que l'Apôtre a confiance en sa foi.

    Le tableau original, qui a donné lieu à cette réplique, a été peint par Charles Le Brun vers 1657-1658. Il était destiné au duc de Richelieu, petit-neveu du cardinal. On peut encore le voir aujourd'hui à Versailles. Cette réplique dite d'atelier est peinte du vivant de Le Brun, et est donc de la main d'un de ses élèves. Correspondant au style du maître, on retrouve une grande noblesse qui se dégage de la figure centrale de l'Apôtre, traité avec un classicisme souple, dans ce style français que l'on nomme l'atticisme.

  • Historique de la conservation :

    Inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 22 septembre 2000.

    Tableau restauré en 2004. Cadre restauré en 2001-2002.

  • Modalités d'entrée :

    Provient de l'église Saint-Germain, retrouvé dans une soupente au dessus du chœur de l'église en mars 1996.

  • Autres données descriptives :

    Réplique d'atelier d'après Charles Lebrun.

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