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Le Christ et Sainte Madeleine

  • Cote :

    OAP/12

  • Dates :

    début XVIIe siècle

  • Format :

    Dimensions : 81x114 cm encadré

    Genre/Carac. phys. : huile sur panneau de bois, encadré

  • Biographie ou historique du producteur :

    C'est une riche tablée qui nous est présentée. Autour de mets raffinés, le Christ s'entretient avec d'autres hommes. Ces derniers, somptueusement vêtus, sont visiblement des notables. Les vêtements humbles du Christ contrastent d'ailleurs fortement avec ce faste. Dans le coin inférieur droit, on voit une femme allongée au sol qui verse le liquide d'un flacon sur les pieds de Jésus. Ce dernier, de son bras gauche, semble lui offrir une protection.

    Ce repas est un scène bien connue de la peinture religieuse, décrite dans l'évangile de Luc (7, 36-50). Jésus, dont la personnalité intrigue les représentants de la foi juive, est invité par un pharisien nommé Simon à venir prendre le repas chez lui. Il se méfie de ce Jésus dont on parle beaucoup dans la région, et tient à découvrir qui est ce personnage. Mais alors qu'ils sont en plein repas apparaît une femme, connue comme une «pécheresse». En pleurs, et portant un vase de parfum, elle se place aux pieds du Christ qu'elle va tremper de ses larmes. Elle les essuie alors avec ses cheveux, les oint de parfum puis les couvre de baisers. Alors que les convives s'émeuvent de la présence de cette pécheresse, Jésus prend sa défense et indique que par cet acte d'humilité et d'amour, ses pêchés sont lavés. La tradition a toujours vu dans cette femme Marie-Madeleine, devenue au fil des représentations une figure de la repentance: de pécheresse, elle devient sainte par sa pénitence et sa foi.

    Au centre de la table apparaît un pli de la nappe. Très géométrique, il semble marquer une séparation entre les personnages importants qui sont au premier plan: Jésus et Marie-Madeleine d'un côté, et l'homme sur la gauche à l'index levé. Il s'agit de souligner l'opposition qui existe entre les pharisiens, tenants d'une stricte observance de la foi juive, et Jésus qui protège une femme de mauvaise vie. Son geste du bras est révélateur de cette attitude.

    Franck (ou Frans) le Vieux, élève de Floris, était un peintre flamand marqué par la manière italienne, ce qui peut se voir ici par une facture enlevée et une certaine vivacité des tons. Mais il est intéressant que dans ce tableau, il fasse figurer juste en dessous d'un paysage où s'annonce un ciel lourd, un personnage vêtu de noir et au col blanc. L'on pense à l'habit protestant, et cette apparition sous un horizon menaçant peut se lire comme un rappel de la situation tendue entre le parti de la Réforme et le parti catholique en ce début de XVIIe siècle. Dans une scène qui souligne l'importance de l'amour, de la pénitence et du pardon, cette œuvre apparaît alors comme un appel à la réconciliation.

  • Historique de la conservation :

    Classé monument historique par arrêté du 4 avril 1907.

  • Modalités d'entrée :

    Provient de l'église Saint-Germain.

  • Autres données descriptives :

    Mentionné dans l'inventaire Chaix de 1878 :

    "Jésus et la Madeleine", attribué à Franck le Vieux, né à Herentals (en Campine) vers 1544, mort à Anvers en 1616.

    Situé dans le transept.

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