Photographies

   Sami Trabelsi

   « Sans titre » La Statue

   2013

   photographie argentique

   158 cm x 130 cm

   OAP/241

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le travail de Sami Trabelsi, cette photographie marque un tournant et un point de départ. Avec l'image de cette statue, c'est en effet la première fois qu'il montre une figure humaine, prise en outre au moment où il réalise son film Portrait en 2012. Symboliquement, cette image est une charnière entre son travail photographique et son travail vidéo. Elle propose par ailleurs un double rapport au temps : celui du portrait instantané et un rapport temporel plus durable, celui d'une statue qui traverse les époques.

 

Sami Trabelsi ne photographie quasiment jamais sur le vif. Son travail est une maturation du regard. Pour la photographie de cette sculpture, il a dû prendre une trentaine de clichés à la chambre.

 

 

 

   Gérard Dalla Santa

   Image du travail, série salons

   photographie

   OAP/240

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette image fait partie de la série salons. Elle a été prise en marge de l'activité de reporter spécialisé dans l’automobile de l'artiste, lors des journées réservées à la presse et aux médias, aux salons de Genève, Frankfurt, Paris. Cette série de photographies montre et questionne les métiers de la représentation.

« Lorsque l’art de représenter, de vendre, de (se) servir des autres prend le pas sur les aptitudes manuelles, il advient que les traits personnels, voir intimes deviennent des marchandises sur le marché du travail. Avec une insincérité anonyme le professionnel accompli se sert ainsi de sa propre apparence comme d’un instrument souple au service de la promotion et de l’idéalisation de la société de consommation. » (1)

La série salons s’inscrit dans une recherche sur le travail et sa représentation commencée dans les années 2000.

 

(1) C. Wright Mills, White Collar, New York, Oxford University Press.

 

 

 

   Corinne Mercadier

   Glasstype n° 17

   2/5

   1999

  Polaroïd SX70 agrandi contrecollé sur aluminium

   82 cm x 80 cm

   OAP/131

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corinne Mercadier travaille essentiellement par séries photographiques et faire cheminer son regard de l’une à l’autre est nécessaire à la compréhension d’une démarche artistique qui commence sa mise en images au début des années 1990.

Les séries photographiques de Corinne Mercadier partagent une même fascination pour la lumière : comment l’objet se photographie « à l'intérieur de sa propre lumière » afin de rendre les choses les plus ordinaires, étranges, intemporelles… ?

Ainsi le Glasstype n° 17 appartient à une série de treize polaroids SX70 agrandis, photographies d'objets peints sur verre, isolés sur un fond sombre, qui donne une aura lumineuse à d’indéfinissables objets. Le choix du polaroid est fondamental. Cet appareil photographique ne nécessite pas de connaissances particulières et l’agrandissement du tirage renforce ses caractéristiques : perte de définition, distorsion des objets, grain important, couleurs reconnaissables... Ces caractéristiques vues d’ordinaire comme des défauts fondent l’esthétique des Glasstypes.

 

 

 

   Yves Trémorin

   AM4

   2004

   photographie numérique

   47 cm x 59 cm

   OAP/165

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ses œuvres, Yves Trémorin met en exergue l’essence de l’existence.

Sa série des Action Man, photographies couleur de mannequins plastiques, dresse une sorte de répertoire de visages, figurant ainsi la condition humaine avec ses aspérités et ses blessures.

Le cadrage très resserré s'apparente à la photo d'identité tandis que l'utilisation du numérique rend l'impression de chair encore plus palpable.

Ce travail, mis en relation avec d'autres œuvres d'Yves Trémorin, révèle un aspect très présent dans son œuvre : l'évocation primitive du corps.

 

 

 

   Lorentino

   Epsilon, série Le reste j'ai tout oublié, ou le paradoxe du repenti

   2012

   photographie numérique, tirage argentique

   50 cm x 40 cm

   OAP/237

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Artiste pluridisciplinaire, Lorentino dessine, filme, installe ou photographie.

Ses thèmes de travail portent essentiellement sur la représentation des illusions, de leurs significations et des moyens mis en place dans et par la société pour faire disparaître le plus possible le corps, le camoufler, au profit « d’intérêts collectifs ». Il réalise des œuvres qui n’apparaissent pas comme telles et qui pourtant existent. Ce paradoxe l’amuse, car il y voit le processus de la création : « montrer ce qui se trouve sous nos yeux, mais que nous ne regardons jamais, trop habitués à ces « images » quotidiennes ».

 

La série Le reste j'ai tout oublié ou le paradoxe du repenti, dont sont issues Picasso, Flag et Epsilon, est née d'un épisode vécu par Lorentino dans le collège où il enseigne. Alors qu'il va être exclu de son école, en cours d’arts plastiques, un élève intelligent mais instable (jamais sans la moindre affaire) demande à chacun de ses camarades de bien vouloir lui prêter sa gomme. Une grande quantité de gommes en mains, il se met à crier : « Regardez Monsieur, aujourd’hui j’ai toutes mes affaires ! ». Adressé à l'artiste et à la classe, c’est une façon de dire : « Ne m’oubliez pas ! Ne m’effacez pas ! » Pour Lorentino, la symbolique de l’effacement de la gomme pourrait l’emporter mais ce qui l’anime serait plutôt la possibilité de renouvellement face à l’image d’un objet du quotidien, qui absorbe plus qu’il n’efface.

 

Découvrez les deux autres oeuvres de la série présentes dans le fonds d'art de la ville :

Flag / Picasso