Lundi 8 mai 1916
Le 09/05/2016 à 11h31 par Eugénie Lutz

Ce matin, Hélène Brion m’a invitée à choisir, dans une petite présélection, la carte qu’elle pourrait envoyer à Pierre Brizon. Celui-ci est parlementaire de l’Allier, un département limitrophe du Puy-de-Dôme où elle est née. Il a fait l’École normale de Moulins puis celle de Saint-Cloud qui forme les professeurs d’École primaire supérieure mais aussi les professeurs d’École normale et les inspecteurs primaires. Pierre Brizon est un des trois députés socialistes à avoir fait le voyage en Suisse à Kienthal pour la conférence contre la guerre, malgré le gouvernement français qui a refusé de donner des passeports aux socialistes. C’est lui qui a rédigé le Manifeste de Kienthal adopté par les participants d’une dizaine de pays. Hélène me dit que de ce copieux texte, s’il n’y avait qu’une seule phrase à retenir ce serait : « Le devoir vital du prolétariat est donc de demander dès maintenant l’armistice immédiat pour entamer les pourparlers de Paix ».

Aux côtés de ces trois seuls Français, se sont réunis quarante-et-une personnes. Hélène, qui a voyagé en Russie, m’a parlé de la présence d’un Russe, Lénine, chef d’une des deux organisations socialistes du pays du tsar, on le dit vivre en Suisse. D'ailleurs fin 1915 elle avait rencontré un certain Trotski, réfugié à Paris, qui a rédigé le Manifeste de Zimmerwald qui proclamait déjà une hostilité à la poursuite de la guerre. Il y avait aussi à Kienthal un groupe d’une demi-douzaine de socialistes allemands dont la moitié était composée d’élus de parlements régionaux.

J’ai proposé la carte représentant à gauche la pacifiste autrichienne Bertha von Suttner ; elle appartient à une famille de nobles de Bohême. Journaliste, elle est la première femme à avoir obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1905 et meurt fin juin 1914. Le texte évoque une phrase de la féministe et socialiste anglaise, Annie Besant. On voit, en-dessous, le Français Frédéric Passy en discussion avec le Suisse Élie Ducommun ; le premier a reçu le premier prix Nobel de la Paix en 1901 et le second, lui, l'a reçu un an plus tard.

Hélène entendait bien envoyer le mot dans une enveloppe mentionnant "La femme veut voter", un droit pour lequel elle se bat depuis nombre d’années.

Si Hélène est au fait de ces événements, c'est grâce à ses responsabilités à la Fédération nationale des Syndicats d’instituteurs, adhérente à la CGT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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