Lundi 18 octobre 1915
Le 19/10/2015 à 10h04 par Eugénie Lutz

La messe était ce dimanche pour Victor. Il était difficile de retenir nos larmes. Ma tante est brisée et mon oncle ne tient debout que grâce à son obsession de récupérer le corps ou au moins des souvenirs indiscutables de son fils. Gabrielle, elle, auparavant si vive et si coquette, est devenue invisible sous ce voile noire et cette étoffe lourde, véritable barrière à la lumière. Elle a rejoint toutes ces veuves anonymes qu'on voit dans les parcs et dans les rues. J'ai réalisé tout à coup combien les femmes étaient nombreuses et que nous nous acheminions vers une rue sans jeunes gens, sauf ceux en uniforme.
Avant de nous séparer nous nous sommes rendus chez nous prendre du café et du gâteau. Paul, toujours aussi délicat et attentif, en a profité pour entraîner René dans sa chambre et j'ai entendu des rires.

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